Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Un article sur le tattoo, un bon bouquin à partager, un sujet de société… Viens échanger et te cultiver dans cette zone.

Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Panthera » Dim 30 Oct 2016 12:55

Ça n'empêche pas l'incapacité, au cas de mise en place d'un cap, d'empêcher la prolifération d'écoles payantes et/ou public avec vente de matériel bas de gamme à des prix faramineux


Oui c'est vrai aussi. De toute façons quand on vois déjà toutes les sectes en France et que rien n'est fait je crois sincèrement que l'état français se contrefiche carrément des idées qu'ils mettent en place, donc pour eux les écoles payantes ils s'en foutent, du moment que sa rapporte de l'argent.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Lun 31 Oct 2016 11:49

Ça part sur des thèmes sans lien avec le sujet... ;)


Des "écoles" payantes existent déjà, des formations payantes proposées en shop sans cadre légal strict aussi, la vente de matériel sans nécessité d'être pro également. Toutes les "dérives", les comportements pointés du doigt, se produisent déjà.


Un encadrement signifierait divers décisions, un cadre légal clair, des contrôles. Il ne faut pas non plus s'arrêter à l'idée du CAP et point barre.
Les professions sont réglementées sur de nombreux aspects (tatoueur ne l'est pour ainsi dire pas aujourd'hui comme évoqué précédemment).
Il y a toujours des dérives, charge à l'état de faire les contrôles et sanctions en conséquence, comme toute autre profession réglementée.

Le monde n'est pas tout rose, il y a toujours des dérives ou abus volontaires. L'objectif des organisations, SNAT comme Tatouage et Partage, est la reconnaissance du métier. Il n'a jamais été question de savoir s'il était possible d'en faire la profession la plus vertueuse du système (ou la plus réglementée/contrôlée).

Avant de se pencher sur les éventuels abus volontaires il faudrait déjà se pencher sur le cadre légal qui déterminerait ce qui en serait ou non. Et ça on n'y est pas encore.
Aujourd'hui il n'y a pour ainsi dire pas de réglementation, toutes les "dérives" (par rapport à rien, du coup) sont déjà possibles. Ce n'est pas un cadre légal plus strict qui va les faire augmenter... En revanche ce qui est légal aujourd'hui par absence de réglementation, ne le serait plus.

Le "problème" majeur depuis des années est que les gouvernements ne se sont jamais intéressés de près au sujet, si on se base sur les déclarations des 'organisations', et l'absence manifeste de décision sur un cadre légal global (la formation H&S avec simple présence nécessaire n'en étant pas une).
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Dim » Lun 31 Oct 2016 12:34

Vu que la Belgique a tendance à suivre la France dans pratiquement tout ce qu'elle entreprend, j'avoue que je suis plutôt perplexe avec cette initiative dans le sens ou tu ne sais pas ce que tu vas gagner et surtout ce que tu vas perdre en régularisant ce bordel que ce soit en se mettant à considérer le tatouage comme le 10ème art(franchement bon courage vu la flexibilité des vieilles instituions) pour en grande partie être moins taxé ou encore ouvrant un maximum la profession avec le CAP surtout quand on voit déjà le nombre de scratcheurs et d'opportunistes sur le marché comparé à ceux qui ont un minimum de déontologie et qui proposent un boulot correct.

Faute de mieux, je plus plutôt pour le status quo actuel. C'est pas idéal, c'est bourré de compromis mais ça a le mérite d'être déjà en place de fonctionner.
Encore une fois, j'ai l'impression qu'on doit ces initiatives à la démocratisation massive(je me demande si ce n'est pas limite un pléonasme :grat: ) du tatouage et je trouve tout cela franchement bien dommage.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Lun 31 Oct 2016 14:09

Pour l'instant côté gouvernement rien est fait (et à mon avis rien ne sera fait).

Mais il est clair que la "reconnaissance" de la profession, et donc l'encadrement légal qui va avec, ne sont pas demandés par les gouvernements mais bien par les "organisations" majeures et notamment la plus ancienne qu'est le SNAT.

Si changement il y a, il faudra donc bien avoir en tête que quelque soient les décisions, elles sont le résultat (escompté ou non !) d'une sollicitation des "organisations" qui font des démarches/demandes depuis plus de 15 ans. Les gouvernements successifs ayant toujours ignoré le sujet jusqu'à présent.

Peut-être qu'effectivement, c'est tendre le bâton pour se faire battre si l'on peut dire puisque chacun sait que les décisions des gouvernements sont rarement très pertinentes (ne serait-ce qu'en matière de sécurité routière, cigarette, cannabis, pour ne citer que quelques exemples).
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Lanj » Lun 31 Oct 2016 15:23

Donc en gros si on parle des dérives qui, certes, existent déjà, mais qui grâce à l'application d'un cap seront clairement banalisées et encouragées de part et d'autres par le cap, et par la flemme, c'est hors sujet ?
Bon bah alors tout ceux qui sont contre un cap ont juste à la fermer quoi.
Bien bien bien :lol:


Bonne journée alors !
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar jl-l » Lun 31 Oct 2016 16:08

Rhhaaa la guerre des égos va t elle reprendre ??? Merci Qui ??

Cap tressage ou tatouage ?? lolll


Bon, de toutes façon, ce n'est aussi (outres les égos) qu'une histoire de gros sous ...

D'un coté les avantages fiscaux du statut d'artiste (notamment avec l'inscription à la "Maison des artistes" qui permet l'accès à un statut privilégier sur les charges sociales )

De l'autre la volonté de développer une marque et/ou un nom : Plusieurs salons + conv + centre de dé-tatouage + centre de formation à l'hygiénne + ..... l'avenir économique ... (j'ai du mal à croire qu'un centre de formation avec CAP à la clef ne serait pas ouvert sous cette même marque)


Bref, Ils me gonflent assez tous les 2 ...

Je reconnais toutefois à tintin et au SNAT d'avoir fait progresser le tatouage en France de très belles façon ... un des meilleurs exemples pour moi est l'expo tatoueurs/ tatoués
(mais certains orteils doivent se souvenir de son passage .... je pense au 1er créateurs de la convention parisienne en .. 2008 ?, avant que ce ne soit le "mondial" )
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Lun 31 Oct 2016 18:57

Lanj a écrit:Donc en gros si on parle des dérives qui, certes, existent déjà, mais qui grâce à l'application d'un cap seront clairement banalisées et encouragées de part et d'autres par le cap, et par la flemme, c'est hors sujet ?
Bon bah alors tout ceux qui sont contre un cap ont juste à la fermer quoi.
Bien bien bien :lol:


Bonne journée alors !

Mon propos était en référence au post juste au dessus, qui était hors sujet :
De toute façons quand on vois déjà toutes les sectes en France



dérives qui, certes, existent déjà, mais qui grâce à l'application d'un cap seront clairement banalisées et encouragées de part et d'autres par le cap, et par la flemme

Ta certitude vient d'où ?

Mais, ça fait un moment que le sujet a évolué de la simple question de CAP vers une discussion sur "l'encadrement" en général de la profession.
D'après tes deux messages dans ce topic, tu ne sembles pas avoir lu tout ce qui est écrit par les autres users avant de poster et du coup avec un seul post pris comme référence pour "discuter" ça ne mène pas bien loin puisque c'est très clairement source d'incompréhension. ;)

Ici personne n'a dit qu'il fallait seulement être pour ou contre un CAP (ou pour ou contre les idées du SNAT ou de T&P), et encore moins qu'il n'y avait qu'un discours à tenir.
Il suffit de lire tous les avis qui ont été émis et qui montrent bien que personne n'est convaincu par un CAP.

D'ailleurs si on prend la peine de lire les discours du SNAT et de Tatouage et Partage, ni l'un ni l'autre n'est favorable à un simple CAP ou même à des écoles privés.

Enfin, quand je lis les deux discours il semble bien que l'un et l'autre essaient "d'enfumer" leurs "partisans" avec de fausses idées concernant ce que veut/défend "l'autre" car à la lecture des déclarations de chacun peu de choses correspondent, depuis des mois et des mois quelque soit le sujet.
Mais apparemment certaines personnes se contentent de répéter ce qu'on leur a dit de penser, c'est bien "triste", et ça ne fera jamais avancer les choses en dehors de cultiver une "gueguerre" entre deux 'organisations' se battant pour théoriquement défendre une même profession.
Quand on voit l'épisode des encres de couleurs, les deux 'organisations' qui sollicitaient chacune de leur côté des réunions, à quelques jours/semaines d'intervalle, avec les responsables au sein du gouvernement, puis se sont chacune attribué la "victoire" finale...
Ca amène à se poser des questions.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar jl-l » Mar 1 Nov 2016 08:56

Un combat de coqs ...

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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Biturelenounours » Mar 1 Nov 2016 09:04

C'est un peu difficile de se prononcer sur le sujet, comme ça sur papier, l'égalité des chances, la gratuité, reussite à 100 % d'avoir son diplôme (c'est l'impression que ca donne) ça fait rêver et pour moi ça paraît un peu utopique, vouloir c'est bien mais dans une société comme la notre pouvoir c'est autre chose rien n'est clairement défini, c'est en surface, ca reste en pour parler donc au final à peu pret tout est envisageable.

Il y pas mal de zones d'ombres quand a l'obtention du diplôme et on est en droit de se poser des questions et je me demande comment tout ça va se goupiller et si au final pour certains ca va pas créer des illusions avec son lot de désillusion.

Leurs intentions sont bonnes voir même idyllique mais le cas échéant je leur souhaite bon courage car pour changer le système déjà mit en place et les mentalités qui vont avec il va en falloir.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Rouge » Mar 1 Nov 2016 10:29

Je n'ai pas vraiment d'avis et il faut avouer que cette annonce reste ce qu'elle est : Un effet de manche, qui ne sera probablement jamais suivi de quoi que ce soit (surtout au vu des échéances électorales).

Cela dit, je m'interroge sur les métiers "d'artisanat artistique". Les graphistes, infographistes, ingénieurs du son et autres ont des formations spécifiques, qui les forment aux techniques de leur métier, mais il ne s'agit pas de CAP, mais de BTS.
Ce qui veut dire : Formation post-bac, donc pas filière poubelle ou "par défaut" comme le sont beaucoup de cap. Attention je ne dis pas que les cap c'est pourri, mais qu'on a tendance à y envoyer les gamins qui n'ont pas le niveau pour le lycée général. Rares sont les gamins qui veulent faire un cap spécifique parce que ça les botte. Et quand c'est le cas, s'ils ont des un peu trop bonnes notes on ne les laissera pas faire de cap non plus, on les enverra au lycée en leur disant "tu verras bien plus tard".

Je ne sais pas. Sur le principe je ne serais pas opposée à un BTS tatouage. Évidemment ça n'empêche pas les dérives, les écoles privées etc, mais ça c'est pas spécifique au monde du tatouage, ça existe partout, école de boucherie, d'art, d'informatique, d'ingénieurs... C'est pas ça qui conditionne la réussite de la personne dans son futur boulot.
Un infographiste, qu'il sorte de telle ou telle école, je m'en fiche, ce qui compte c'est que quand je lui présente l'ébauche d'une maquette il soit créatif et efficace.

De la même façon, et toujours sur le principe, je trouverais ça bien qu'il y ait une formation adaptée pour les tatoueurs, où il y aurait des cours de dessin, différentes techniques de tatouage, de l'hygiène et sécurité, de la comptabilité etc etc. Le tout accessible sur dossier et sur 2 ans comme le sont les BTS, je trouve pas ça déconnant. Maintenant à voir comment ça serait mis en place évidemment. ^^
Pour ceux qui s'inquiètent de "mais qui serait prof ??", je suis sûre que le SNAT serait plus que ravi d'être investi de la tâche de trouver une dizaine de tatoueurs avec une bonne technique, qui ont déjà eu plein d'apprentis, pour l'ouverture d'un BTS de ce style. Faut pas se leurrer, quand a ouvert le premier BTS graphisme ou boucher, on a fait comment ? On a trouvé des gens qui étaient déjà très intéressés par la transmission de connaissance.

Je comprends complètement les réticences hein. Mais la reconnaissance du métier me parait intimement liée à la formation justement... Je ne dis pas que c'est une bonne chose ! Mais force est de constater que dans la sucette facs laquelle on vit, ça rassure "les gens" et les politiques.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Soleilvert » Mar 1 Nov 2016 12:15

Hello ! Il n'y a à ma connaissance aucun bts boucher ..^^ mais un exemple concret le bts en esthétique, l'intitulé m'échappe peut être accessible sans le cap et bac pro esthetique...mais ne donne pas droit à effectuer des soins esthétiques. .pas de diplôme d'esthéticienne.Au final à l'insertion, je ne sais pas si ça donne grand chose...on peut envisager donc un cap comme je le disais à condition d'accès spécifique. .il y en a déjà actuellement et une évolution possible dans le supérieur. .je trouverai dommage de se priver de certains talents avec la barrière purement scolaire. Comme tu le dis tout ceci n'est que spéculatif.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Mar 1 Nov 2016 14:08

Nouvelle publication sur le sujet côté Tatouage et Partage : http://www.tatouage-partage.com/fr/tato ... touage-cap

Tatouage : CAP ou pas CAP ?

Notre communauté tattoo est étonnante… ou détonante, suivant le côté duquel on se place.

Nous revendiquons un statut depuis plusieurs années maintenant, que ce soit celui d’artiste ou d’artisan suivant les sensibilités. Et quand enfin la classe politique se penche dessus, certains trouvent à y redire.

Bon, je vais parler de ce qui nous concerne nous et de nos démarches auprès des ministères pour l’obtention du statut d’artisan d’art (au sujet duquel nous avons eu récemment une réponse encourageante de la part de l’Institut des Métiers d’Art).

Nous avons besoin d’un statut et celui d’artisan d’art est celui qui colle le mieux à la réalité du « métier ».

Il faut tout simplement voir que le « métier » de tatoueur requiert une maitrise de la technique, un savoir-faire avant même de parler d’un quelconque côté artistique.

Être tatoueur c’est, avant tout, répondre à une demande qu’on peut certes orienter, accompagner voire aider à modifier mais cela reste cependant répondre à une demande principalement.

Alors oui, on va nous servir le couplet de l’artiste tatoueur… Je répondrais : tout dépend de ce qu’on appelle de l’art. L’art est subjectif et ne souffre aucune limite à part celle de l’imagination de celui ou celle qui crée. Ce qui paraît compliqué quand le support est l’autre.

Alors qu’est-ce qu’un artiste ? C’est dans la définition du dictionnaire une personne qui crée une œuvre d’art.

Alors donc qu’est-ce qu’une œuvre d’art dans le tatouage ? Quelque chose de beau et qui initie une émotion ? Le beau et l’émotion sont subjectifs et personnels à chacun donc…

Refaire une peinture de Frazetta ou une image Google en tattoo, un portrait, un dragon japonais, un Mucha, des vitraux… Est-ce que cela peut s’apparenter à la création d’une œuvre d’art ou est-ce seulement la maitrise d’une technique qui permet de reproduire ce qu’on nous a demandé ?

Alors oui on peut y mettre sa patte, son style, mais à moins d’en avoir inventé un comme Guy Aitchison pour n’en nommer qu’un, qui pour le coup entrerait dans la catégorie artiste tatoueur, beaucoup ne se contentent que de des styles existants et c’est donc – on y revient – un savoir-faire qui se maitrise.

Artisan d’art : voilà donc qui mélange les deux aspects tout en valorisant franchement la maitrise artisanale de la profession, la transmission du savoir par la relation maitre-élève et un vrai cadre juridique et fiscal qui nous permettrait d’avancer sur des aspects tels que la possibilité d’avoir légalement des apprentis (avec une sécurité à la fois pour les patrons mais aussi pour les apprentis), de pouvoir obtenir une assurance professionnelle afin de nous garantir de soucis qui pourraient advenir suite à un tattoo, ce qui n’est pour le moment pas possible.

Libre à celui qui a une volonté artistique de la mettre en valeur et rien ne l’en empêche.

Les artisans d’art sont des artisans qui créent des merveilles tant sur commande que surgit de leur imagination tout comme les tatoueurs en fait. Et il est loin d’être facile de devenir un artisan d’art.

Alors oui, ce fait d’actualité fait ressurgir ce problème du statut et donc de la formation : sans l’un, pas de possibilité d’avoir l’autre.

Comment former à une profession qui n’existe pas ?

Donc Mme Najat Vallaud-Belkacem nous dit être favorable à un CAP, mais c’est une excellente nouvelle, pas le CAP car nous sommes d’accord, ce n’est pas le diplôme adapté à notre « profession ». Mais ce qui est franchement encourageant, c’est de voir qu’après nos courriers et contacts nos politiques se penchent enfin sur le dossier tatouage.

Il faut donc pouvoir les aider, les orienter au mieux afin de ne pas subir des décisions qui ne seront pas adaptées à nos façons de travailler et se retrouver avec un statut d’esthétichiens (pour faire un raccourci entre le statut d’esthéticiennes et de toiletteurs, ce qui est le cas de nombre d’entre nous actuellement).

Nous devons montrer notre volonté de travailler avec eux, amener des propositions afin de faire évoluer notre situation dans le meilleur sens possible.

Ils légifèreront avec ou sans nous, mieux vaut avec nous.

Je voudrais tout d’abord mettre les points sur les i concernant certaines réactions médiocres et méchantes que j’ai pu lire suite à l’article concernant le CAP. Il n’y a rien de médiocre bien au contraire à être en CAP, à le vouloir ou à en avoir un. Au contraire, je trouve que vouloir se fondre tôt dans le monde du travail dénote une grande maturité et une belle persévérance. En tout cas nous ne cautionnons pas ces commentaires qui en plus d’être inutiles sont arrogants et prétentieux.

Toujours est-il que le CAP n’a jamais été demandé par notre association alors que le CQP a quant à lui été proposé par le SNAT.

Donc ce CAP n’est pas la forme qui nous semble être pertinente concernant le « métier » de tatoueur.

Nous proposons plutôt de pouvoir rejoindre une section en école d’art afin d’être formé à la photo, la peinture, le dessin, l’histoire de l’art… module artistique qui devrait être complété par des modules administratif, commercial, d’hygiène et dermatologique.

Il faudrait que l’entrée puisse se faire sur dossier afin de voir que des bases sont déjà présentes et éviter un risque de surpopulation de tatoueurs, comme on peut le vivre actuellement ou rien ni personne n’empêche qui que ce soit d’ouvrir sa boutique avec pignon sur rue.

La formation comme nous le disions devrait se faire chez un maitre d’apprentissage et le compagnonnage même international pourrait être envisagé pour la fin du cursus afin de permettre à l’apprenti de voyager et d’enrichir sa formation.

Nous sommes de fervents détracteurs de ces écoles privées de tatouage qui fleurissent partout en France et un cursus tel que nous l’envisageons éviterait à ces écoles ou centres de formation de ne voir les apprentis tatoueurs que comme une colonne de leur chiffre d’affaire et qui inondent le marché de tatoueurs formés en 15 jours.


Cécile Chaudesaigues, membre de Tatouage & Partage





Côté SNAT, une nouvelle publication devrait être faite très prochainement puisque hier il était indiqué :
Vous êtes extrêmement nombreux à réagir ces derniers jours : Il nous est difficile de répondre à tous individuellement, c'est pourquoi nous allons publier un nouvel article dans les prochaines heures, afin de tenter de répondre à la plupart de vos commentaires et questions les plus pertinents, et ainsi alimenter les échanges souvent constructifs que vous suscitez !
Merci à tous pour votre intérêt !
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Lanj » Mar 1 Nov 2016 14:13

à Kran :
Comme le dit Rouge, les autres metiers d' "artisanat" sont encadrés par des BTS... Et qui serait capable de cité des écoles autres que Boules, Estienne et Les Gobelins (qui sont de faux espoirs d'ouverture et de fausses écoles publiques puisque ces écoles ne font pas le tris que par rapport à leurs concours mais également par dossiers scolaire et prennent en priorité les parisiens.... Super) et qui ne seraient pas privées... Qui assurent un diplome d'Etat et une rentrée assurée dans le metier... Cifacom... Ha non, c'est privé. Créapole... Ha merde, c'est privé aussi... Lisaa... Ha non privée aussi.

Elle vient de là ma certitude. Les archi, graphistes, et même les illustrateurs d'aujourd'hui sortent pratiquement tous d'ecoles privées et payantes. Car ces metier sont obscurs au domaine publique. C'est pas nouveau.

Donc oui les dérives sont légions... Avec la mise en place d'un CAP d'etat, elles seront juste banalisées et ne seront plus considérées comme des dérives.
Qui pense ici que l'école française de tattoo est une bonne idée ? (Ha et soit dit en passant... D'après eux, leurs diplome est déjà reconnu par l'état...) Ca ne sera toujours pas une bonne idée après la mise en place d'un CAP... Mais elle sera légitime.

Oui personne n'a dit qu'il ne fallait qu'UN CAP, mais un encadrement adéquate. Il n'empèche qu'un CAP, c'est ce que c'est, et encadrement ou pas, ca légitimera les écoles payantes qui fourniront des formations diplomantes à des prix exorbitants. Encadrement ou pas.

Nier les risques et les dérives, ne pas les prendre en compte, c'est orienter le débat tout en réduisant les risques à une simple bêtise de soi disant "partisan".. (Imagine toi monter dans un avion et qu'on ne te fasse aucun discours de sécurité avant... Te faire tatoué sans te dire que ça peut représenter un risque pour ta santé... Bah c'est pas très honnête tout de même.)

Je ne suis ni pour la peste, ni pour le colera (pourtant, à te lire, je pourrais dire que tu fais le jeu du colera...). Je suis simplement contre un cap, encadrement adéquate ou pas, en prennant en compte les dérives mercantiles et en me disant qu'un encadrement d'apprentissage, avec convention, contrat et rémunération du travail de l'apprenti est déjà bien plus honnête qu'un cap... Tout en gardant l'esprit d'apprentissage auprès d'UN pro qui consacrera son temps à SON apprenti. Pas de classe, pas de théorie bidon, pas d'école privée. Gratuit pour l'apprenti. Ca existe déjà et ce n'est simplement pas encadré. On y apprend le fonctionnement d'un shop, la relation client et tout ce qui fait le tattoo.

Faut arreter de tourner en dérision les gens qui sont contre sous pretexte que comme c'est l'avis d'une ou de l'autre association, c'est forcement une idée partisane enfumée. Non. C'est du vécu, de l'éthique, des convictions et des idées.

Tourner en ridicule un argumentaire sous pretexte qu'il prend en compte les risques, tout en précisant qu'on ne parle pas QUE de cap (change moi ce titre de topic alors... On parle bien de l'idée futile et débile d'une ministre complètement aux fraises ?!...) et en associant cette argumentaire à des gens detesté par ton interlocuteur... C'est une façon bien politique de faire le débat ?

Aller, j'arrête là. Je sais pas pourquoi je fais toujours l'erreur de participer avec mes tripes. Je retourne poster mes gribouillage, ca vaut mieux !

a+ :tchin: O:-)
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Biturelenounours » Mar 1 Nov 2016 14:37

Tatouage et Partage
[...]
Nous proposons plutôt de pouvoir rejoindre une section en école d’art afin d’être formé à la photo, la peinture, le dessin, l’histoire de l’art… module artistique qui devrait être complété par des modules administratif, commercial, d’hygiène et dermatologique.

Il faudrait que l’entrée puisse se faire sur dossier afin de voir que des bases sont déjà présentes et éviter un risque de surpopulation de tatoueurs, comme on peut le vivre actuellement ou rien ni personne n’empêche qui que ce soit d’ouvrir sa boutique avec pignon sur rue.La formation comme nous le disions devrait se faire chez un maitre d’apprentissage et le compagnonnage même international pourrait être envisagé pour la fin du cursus afin de permettre à l’apprenti de voyager et d’enrichir sa formation.



Hé bien voilà on en sait d'avantage, merci, kran.

Pour avoir fait une célèbre école supérieure des arts appliqués (creapole en l'occurence) j'ai une question, qui va payer? :mrgreen:
7000 euros la première année et champion toute categories pour vous conseiller de vous endetter chez leurs banques partenaire.
Parce que rejoindre une section en ecole d'art ca c'est déjà vu pour les fileurs et souffleurs de verre, on à même creer des poles et des formations en un an de cours accélérés, ces modules sont déjà existants en plus de la creation, de l'anglais, anglais des affaires, management, gestion d'entreprise,la protection intellectuelle et artistique etc etc..
Le matériel de dessin coûte cher du materiel de qualité qui va payer?

Pour les voyages, qui va payer?

Erf tu m'as devancé lanj
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Mar 1 Nov 2016 14:47

@Lanj>

(pourtant, à te lire, je pourrais dire que tu fais le jeu du colera...)

Je ne soutiens pas l'idée d'un CAP ni une 'organisation' ou une autre. Mais j'ai posé des questions ; questions qui me viennent face à l'immobilité de la situation depuis tant d'années et à la lecture des discours de chaque 'organisation'. (Il arrive un moment où il faudrait aussi se poser la question de savoir pourquoi les gouvernements successifs ont toujours refusé de se pencher sur le sujet.)

Si je devais me positionner, ce serait en faveur de ce que tu exprimes :
un encadrement d'apprentissage, avec convention, contrat et rémunération du travail de l'apprenti [...] Tout en gardant l'esprit d'apprentissage auprès d'UN pro qui consacrera son temps à SON apprenti. Pas de classe, pas de théorie bidon, pas d'école privée. Gratuit pour l'apprenti. Ca existe déjà et ce n'est simplement pas encadré. On y apprend le fonctionnement d'un shop, la relation client et tout ce qui fait le tattoo.



Concernant le fait de faire le lien et citer les 'organisations', je le fais parce que, qu'on le veuille ou non, ce sont aujourd'hui les principaux acteurs (officiellement) sur le sujet. Si quelque chose se fait, elles seront (ou pas) les premières consultées et ce sont leurs idées qui seront (ou pas) écoutées.
Par ailleurs, comme je l'ai mentionné, le fait est qu'à la lecture des échanges indirects sur les sites/pages entre les deux 'organisations', et leurs "sympathisants" respectifs, on peut se poser des questions sur les discours de chacun (notamment vis-à-vis de l'autre). (Mon propos ne s'adressait pas directement à toi.)


Concernant le titre du topic, il correspond à ce qui est la source du "débat" sur le sujet. Sujet qui amène chaque 'organisation' à se prononcer. Le titre permet donc à quiconque souhaitant s'informer des publications sur le sujet ou participer de le retrouver aisément. ;)
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Soleilvert » Mar 1 Nov 2016 16:53

Lanj a écrit:à Kran :


Je ne suis ni pour la peste, ni pour le colera (pourtant, à te lire, je pourrais dire que tu fais le jeu du colera...). Je suis simplement contre un cap, encadrement adéquate ou pas, en prennant en compte les dérives mercantiles et en me disant qu'un encadrement d'apprentissage, avec convention, contrat et rémunération du travail de l'apprenti est déjà bien plus honnête qu'un cap... Tout en gardant l'esprit d'apprentissage auprès d'UN pro qui consacrera son temps à SON apprenti. Pas de classe, pas de théorie bidon, pas d'école privée. Gratuit pour l'apprenti. Ca existe déjà et ce n'est simplement pas encadré. On y apprend le fonctionnement d'un shop, la relation client et tout ce qui fait le tattoo.
)



je me permets d'insister : un apprentissage est une façon d'obtenir un diplôme....donc un CAP, un BAC PRO, BP, BTS, Licence pro et même master!
il y a des CAP (et autres diplômes ultérieur) uniquement en apprentissage (trouver un patron pour suivre la formation au CFA), et CAP voie scolaire.
Un apprentissage sans diplôme à la clé n'est pas un apprentissage..à l'heure actuelle et n'a aucun sens.
Je répète que pour décrocher un CAP il y a parfois des conditions très restrictives...
ensuite tatouage et partage propose plutôt une reconnaissance CQP (certificat de qualification pro) soit une reconnaissance par l'état des compétences spécifiques que recquiert un tatoueur..
Se former ce n'est pas nécessairement entrer dans une voie scolaire, (la voie de 'lapprentissage ne l'est pas d'ailleurs..et mène au même diplôme). Le hic avec les métiers d'arts..c'est que beaucoup s'y engouffrent ..peu de débouchés... et beaucoup de tatoueurs aujourdh'ui sont issus de ces écoles mercantiles ..parce que le tatouage ça marche et me^me très bien.
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Lanj » Mar 1 Nov 2016 19:45

Comme un certificat pro reconnu par l'état et recensé au rncp par exemple...?
Oui ça existe déjà mais comme je l'ai dit plus haut... Ça ne se passe qu'à l'école de tatouage payante avec un temps d'apprentissage ridicule, un prix exagéré, et des formateurs pas franchement au fait de la réalité du métier...

Reste plus qu'à proposer une ouverture aux tatoueurs prêt à prendre des apprentis pour qu'ils puissent reajuster ce certificat. Le délivré gratuitement en évaluant pour leurs apprentis le temps nécessaire d'apprentissage etc

Tout cela existe déjà. Autant améliorer ce qui existe déjà plutôt que de proposer un cap que personne ne peut financer au delà du privé.

http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=24826

Oui, ça étonne toujours de voir que la reconnaissance étatique existe. Puisque personne ne communique dessus et que l'école de tatouage souhaite garder son petit monopole mercantile

Ce que propose ces associations, leurs points forts etc...On commence à connaître. Le vrai point faible il est là. Il existe un putain de certificat pro depuis des années bordel de dieu et délivré par des banques (désolé de l'expression) qu'en ont rien à foutre que tu détruites la peau de tes futurs clients! :lol:
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Soleilvert » Mar 1 Nov 2016 20:36

ahhhh ben merci Lanj! tu es le premier à l'évoquer!!! donc ce qu'ils veulent c'est bien qu'on établisse une formation publique ?
Tous els tatoueurs doivent avoir ce certificat ? c'est étonnant que l'assocIation tatouage partage dise se battre pour l'obtenir...:/
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Krän » Sam 5 Nov 2016 15:24

Publication du SNAT (sur Facebook en accès libre sans avoir de compte) :

Pour apprendre à tatouer, la seule école nécessaire est celle du dessin !

S.N.A.T. syndicat national des artistes tatoueurs · vendredi 4 novembre 2016


Pourquoi être contre un CAP tatouage ?
Un CAP est un diplôme donnant une qualification d'ouvrier ou d'employé qualifié : Une telle certification reviendrait à abandonner notre raison d'être considérée en tant qu'artiste, comme n'importe quel peintre !
Un CAP tatouage tenterait encore plus de nouveaux tatoueurs en puissance, et ne ferait que légitimer le tatouage en série, pour voir fleurir à terme des chaînes de magasins certifiés comme il en existe chez les coiffeurs et les esthéticiennes : Chacun pourra y choisir son petit tattoo copié-collé mille fois et se le faire tatouer sans rendez-vous... Quand on voit que depuis la seule formation obligatoire Hygiène et Salubrité le nombre de tatoueurs déclarés a explosé, on peut deviner comment un CAP scléroserait définitivement notre art.
Notre corps est unique, nos tatouages doivent l'être : Au-delà de ce principe, la Charte du SNAT défend le tatouage artistique comme devant être pensé et défini en collaboration entre le professionnel et le futur tatoué. L'idée d'un CAP raisonne comme un non-sens face à cette définition.

Et pourquoi pas un statut d'artisan d'art ?
Qu'il soit ou non qualifié d'artistique, l'artisanat répond avant tout à des contraintes techniques ou utilitaires ; Pour nous, le tatouage relève d'une démarche artistique et créative en proposant des œuvres originales, fondamentalement plus décoratives qu'utilitaires. Se définir comme un artisan revient donc à se renier comme artiste : Existe-t-il des artisans peintres ailleurs que dans le bâtiment ?...
Un artiste peut parfois travailler sur commande : Un artisan a le devoir de le faire.
L'existence d'un diplôme officiel de tatouage reviendrait à reconnaître systématiquement le tatoueur comme un simple technicien copiste, disposé à reproduire sans fin les mêmes motifs... Quel bel avenir !
Que l’État commence par reconnaître les tatoueurs créateurs comme des artistes, avant de légiférer sur tous ceux qui copient inlassablement le travail des autres...
Comme le SNAT le revendique depuis sa création en 2003, le tatouage devrait entrer dans le champ d'application des œuvre d'art de la branche des arts plastiques et graphiques défini dans l'article 98 A de l'annexe III au Code général des impôts. Un tatoueur proposant de telles œuvres serait ainsi naturellement reconnu comme un artiste. Ses créations sont des œuvres de l'esprit, protégées de fait par l'article L. 112-2 du Code de la propriété intellectuelle. De nombreuses jurisprudences l'ont d'ailleurs confirmé !

Mais comment apprendre le tatouage ?
En commençant par apprendre à dessiner !
La seule école vraiment nécessaire est celle du dessin, à l'image des peintres déjà cités. Passer par les Beaux-Arts par exemple peut constituer une voie royale d'accès au métier.
La véritable école du tatouage doit être celle de l'expérience : Idéalement auprès d'un ou de plusieurs professionnel(s), l'acquisition des techniques repose sur des bases solides lorsqu'on maîtrise le dessin !
La connaissance des règles sanitaires étant déjà assurée par la formation Hygiène et Salubrité, seule l'observation assidue et les conseils d'un professionnel expérimenté et reconnu peut constituer un savoir-faire solide.

Alors, quels professionnels pour former les futurs tatoueurs ?
C'est bien le nœud du problème !
Même avec toute leur bonne volonté, chaque tatoueur professionnel ne peut se consacrer qu'à une poignée d'aspirants tatoueurs (lorsqu'il le peut !), sélectionnés pour la qualité de leurs dessins. Les écoles fleurissent déjà, et jusqu'ici sont bien peu recommandables.
Ce ne sont certainement pas les meilleurs artistes qui vont grossir les rangs des « profs de tatouage », on le constate avec les écoles auto-proclamées comme telles : A défaut d'avoir pu devenir des tatoueurs reconnus, les « formateurs » ont fait le choix de délivrer des certificats pour quelques milliers d'euros...
Faute d'avoir pu trouver un « maître », beaucoup de tatoueurs se sont également formés en autodidactes : Cela implique de fréquenter les studios, les conventions, construire patiemment un réseau de contacts... Où chaque futur tatoueur peut trouver de l'aide, des conseils, ou au pire de cas largement de quoi observer, ce qui permet déjà d'apprendre énormément. Il existe en outre des séminaires techniques organisés par de très bons tatoueurs sur différentes conventions : Les places sont évidemment plus rares, mais la qualité des savoirs dispensés est incomparable. Les meilleurs dessinateurs sont devenus les meilleurs tatoueurs, avec ou sans l'appui de leurs pairs... Mais ils n'ont pas appris à tatouer dans une école !
L'exemple du Japon est en ce sens exemplaire : Au pays du Soleil-Levant, apprendre c'est d'abord regarder, « voler des yeux ». Les heureux élus admis auprès des plus grands maîtres sont déjà des dessinateurs aguerris et doivent montrer qu'ils ont une certaine connaissance de la culture tatouage. La démarche n'est aucunement obligatoire, mais elle a beaucoup plus de sens que n'en aura jamais un diplôme : Le futur tatoueur consacre de nombreuses heures au dessin, à l'observation et à l'aspect élémentaire du métier (préparer les espaces de travail notamment) avant d'appliquer les techniques.

La peur de la concurrence n'est-elle pas en cause ?
Aux parents inquiets qui nous interrogent de plus en plus fréquemment sur la pérennité du métier, nous ne pouvons cacher que les aspirants sont nombreux, et que seuls les plus talentueux peuvent envisager un avenir solide dans ce secteur artistique, car il y a aujourd'hui beaucoup trop de personnes qui souhaitent devenir tatoueur. Seuls les moins expérimentés souffrent au final de la concurrence, et non ceux qui sont établis depuis des années.
Nous défendons un avenir meilleur pour l'art du tatouage, et ce n'est pas en encourageant l'arrivée en masse de tatoueurs formatés et légitimés par un diplôme qu'on le fera.
La concurrence reste saine lorsqu'elle répond à une éthique et permet au talent de s'exprimer, et non en alimentant aveuglément un secteur déjà saturé de tatoueurs seulement attirés par le bénéfice d'une activité « en vogue ».

Alors, quel cadre pour les futurs tatoueurs ?
La réflexion reste ouverte !
Pendant près de deux ans, le SNAT a missionné un groupe de travail sur l'idée d'un CQP (certificat de qualification professionnel) afin de tenter de répondre à la problématique du statut de l'apprenti tatoueur : Dans cette optique, nous avions imaginé naïvement créer notre propre branche métier... Or, la création d'une telle branche nous obligerait à nous rattacher à des professions bien éloignées de la nôtre sans apporter de réelles solutions. Il suffit de constater le nombre de CQP inventés dans le secteur de l'esthétique... Et d'observer que les mêmes formateurs des « écoles de tatouage » ont déjà commencé à plonger dans la brèche !
A ce jour, la seule vraie solution à ce jour d'un point de vue légal pour nos « apprentis » reste le salariat (CDI, CDD, temps partiel...). L'option d'un contrat de type collaboration peut être valable mais ne permet de justifier d'aucun lien de subordination ou d'exclusivité avec la personne en contrat, qui se retrouve en situation de totale indépendance. L'équilibre se trouve sans aucun doute au niveau des qualités graphiques du futur tatoueur !

Pour l'avenir, la formation artistique doit absolument être mise en avant, en cohérence avec la défense du statut d'artiste tatoueur : Envisager des liens avec les écoles d'art publiques et dépendant du Ministère de la Culture est une option... Avec un tel cursus, tout étudiant sera à même de trouver un professionnel qui pourra lui transmettre la technique nécessaire à la pratique du tatouage...
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Re: Najat Vallaud-Belkacem et le CAP tatouage

Messagepar Lanj » Dim 6 Nov 2016 15:48

J'ai écrit aux deux associations pour avoir leurs avis sur ce certificat détenu par la etf... Je n'ai eu qu'une seule réponse pour l'instant. Quand j'aurais les deux je vous ferais un condensé
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