INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Un article sur le tattoo, un bon bouquin à partager, un sujet de société… Viens échanger et te cultiver dans cette zone.

INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Squelch Sasquatch » Mer 6 Sep 2017 12:25

Rencontre avec Belly Button

Il n'est pas encore 11h et malgré la grisaille pluvieuse de ce samedi matin, la file d'attente est déjà bien longue pour entrer dans la Grande Halle de La Villette. Nous sommes le 4 mars : le Mondial du Tatouage s'apprête à ouvrir ses portes pour une deuxième journée. Nous retrouvons Belly Button à la terrasse d'un café, tout sourire. Le temps de préparer le téléphone destiné à enregistrer notre entretien, il commande un jus de fraise en s'allumant une cigarette, et c'est déjà le moment de poser la première question.

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On se retrouve donc en convention, c'est un truc que tu aimes ?
Ouais ! Alors, je n'en fais pas des milliards, parce que je me fais vieux… (Il sourit.) C'est que ça demande énormément d'énergie : tu as une convention de trois jours mais ça te prend une semaine !
C'est su-per cool de rencontrer des gens, de parler avec eux, j'adore ça. C'est vraiment agréable de retrouver les potes, parce qu'on a pas toujours l'occasion de se voir. Et puis il y a rencontrer de nouvelles personnes, des tatoueurs dont tu apprécies le travail...
Mais souvent, en convention, en tant que guest, tu ne fais que travailler. Je me rappelle avoir été deux fois en guest à Berlin, chez AKA, et sur les deux semaines où j'ai été présent, j'ai été une semaine à bosser… « Ah t'as été à Berlin, c'était trop cool ! » Ben, euh, j'ai bossé quoi (il rit) et je suis rentré. Si, je me suis pris au moins une cuite et puis voilà !
Pour le Mondial, ça fait 4 ans que j'ai l'occasion de venir, et 4 ans que je n'ai pas réussi à faire le tour complet, même une seule fois, de la convention. Le seul moment où j'ai le temps c'est le matin, c'est à dire, là par exemple, en ce moment, tu vois ? (Rires autour de la table.)

Et pourtant, au quotidien, tu as choisi de travailler dans un salon privé ?
C'est ça, c'est un salon privé à Perpignan, en appartement. Il est juste inscrit « Belly Button » sur la sonnette et c'est tout.
Je tatoue depuis 14 ans, et avant, pendant 8 ans je crois, j'ai eu un shop qui était dans un ancien couvent au centre ville de Perpignan. Il fallait rentrer dans une cour intérieure pour accéder au shop. Ma salle de tatouage était d’ailleurs un ancien cabinet de proctologue. Je dis souvent qu'entre les nonnes, le proctologue et moi il s'est vraiment passé pas mal de choses dans cette pièce...

Du coup, ce choix du salon privé, c'est pour que l'on vienne spécialement pour te voir ?
C'est le principe, oui. En fait, à l'époque où j'ai bougé du salon pour m'installer en salon privé, je devais déjà être booké à peu près sur un an. Pour la petite histoire, je m'entendais très bien avec mon proprio, à tel point que je l'appelle « papa » et qu'il est même sur nos flyers aujourd'hui. Alors, quand j'ai voulu partir parce que j'avais fait construire une maison, il m'a dit : « Pars pas, il faut que tu restes ! ». Du coup, j'y ai installé le salon.
Ça peut être surprenant pour les gens. Souvent on voit les voitures arriver, elles s'arrêtent, elle redémarrent. Puis on entend le téléphone qui sonne : « euh je crois que je suis à votre adresse perso ? » Non, c'est bien là ! « Et vous habitez là ? » Non, non, c'est juste un salon où on tatoue !
On se partage le salon avec Aurélio, qui a été mon premier apprenti, il y a déjà 7-8 ans, et Stef K, qui nous a rejoint depuis un an. Lui était déjà dans les magazines quand moi j'ai commencé à tatouer, j'étais déjà super fan à l'époque. Il a pas mal bougé en fait, il a bossé 5-6 ans à Barcelone, après 3-4 ans à Hambourg et puis à force de venir en guest il a fait : « Non, mais le Sud me manque trop, je peux vous rejoindre ? » Voilà, on est tous les trois et on s'amuse bien !

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Est-ce que tu peux nous expliquer ce que tu aimes tatouer ?
Qu'est-ce que j'aime tatouer ? (Il réfléchit un instant) À vrai dire, j'attends toujours que les gens me donnent leur thème, qu'on échange un petit peu, pour voir à quel point ils sont open, ou pas, sur le fait qu'on partage des idées, qu'on développe ensemble… Après je suis assez ouvert sur tous les thèmes qu'on me propose, si ce n'est les portraits de chiens, ça j'y arrive vraiment pas… (Rires autour de la table)

Qu'est-ce que c'est que cette haine contre les chiens ?
Non, c'est le principe d'avoir le portrait de son chien, souvent mort, sur soi... Déjà les portraits je n'y arrive pas, parce qu'il y a un caractère trop hyper réaliste, photographique, qui ne me parle pas.
En dehors de ça, je suis assez ouvert, donc, parce qu'il y a plein de thèmes qui me paraissent assez étranges, où j'ai du mal à me retrouver... mais le fait de retrouver mes clients, de parler avec eux et de dessiner avec eux, fait qu'il y a des choses qui en sortent, et on arrive finalement à traduire une idée en commun.
Après qu'est-ce que j'aime travailler ? J'adore travailler le japonais mais à ma sauce : on va appeler ça du neo jap parce que c'est imprégné de tatouage traditionnel mais vraiment revisité. Ça, ça m'amuse bien. J’aime beaucoup travailler les thèmes abstraits parce que c'est un domaine qui reste encore à explorer dans le tattoo. J'adore tout ce que j'appelle les « accidents graphiques corporels », c'est à dire les coups de bombe, les tâches, les traits de crayons, les trucs qui débordent, parce qu'il y a énormément de vie, de mouvement, même de puissance qui arrivent à en ressortir. C'est marrant d'arriver à ça avec quelque chose de figé comme un tatouage. D'autant plus que, techniquement, quand tu tatoues, tu vas super lentement, alors qu'un vrai coup de bombe, tu fais « sssssssssssssshht » (il mime) et c'est bon, c'est fait ! Tu dois donner cette ambiance de mouvement mais en allant à deux à l'heure.

Pendant un moment, pas mal de gens associaient ton travail à des choses enfantines, parlaient de ressemblance avec Tim Burton, c'est un rapprochement qui te plaît ?
Alors, c'est un truc qui me plaisait… Je pense que c'est propre à un moment où, sans rentrer dans les détails, j'essayais de faire un enfant avec ma compagne de l’époque. Du coup, c'est une période où ça m'allait bien.
Le seul problème là-dedans, tu vois, c'est que j'ai dû sortir un ou deux tatouages avec des enfants qui tenaient des ballons et, très sincèrement, j'ai dû avoir environ cinq cents personnes qui m'ont écrit, appelé, rencontré... pour que je leur fasse aussi des enfants avec des ballons, avec des cerfs-volants, avec des trucs… alors que je fais une dizaine de tatouages sur un même thème et je m'arrête. Pendant des années, ça a continué. Aujourd'hui encore j'entends « Alors, euh, je voudrais un ballon !» et là je me dis que c'est mort, parce que ça ne me fait plus du tout marrer. Parfois je vois des tatoueurs, dont j'admire vraiment le travail, mais qui restent bloqués sur des trucs, depuis des années et des années. Je ne peux pas. J'aurais l'impression de mourir à petit feu, il faut que ça progresse, il faut que ça avance... Il y a des moments dans ta vie où tu as l'impression de rien faire avancer et de stagner, même de régresser. C'est souvent le genre de période qui est le plus bénéfique, par ce que ça va t'apporter après en fait… Un tatoueur ou un créatif, je ne sais pas trop quel est le mot juste, un artiste en général, c'est un maniaco-dépressif, c'est les montagnes russes (il mime)… Est-ce que j'ai répondu à ta question ?

À un moment donné, oui, et puis on est parti vers autre chose…
(Il rit) Je ne me rappelle plus ta question !

On parlait de style, de ce que tu aimais faire…
Ah oui ! Tu as vu, tu as plein de choses à écrire maintenant. (Rires autour de la table)

Est-ce que tu vois des travaux d'autres tatoueurs qui auraient pu t'inspirer ?
Oui, certainement, mais après j'essaie d'avoir ce principe d'image : je fais juste « Hop !» (il mime) ça y est, j'ai regardé, je détourne les yeux, c'est rentré dans mon cerveau mais j'analyse pas, je décortique pas, voilà. J'essaie d'avoir la base, et de la retransformer après, éviter de regarder trop ce qui se fait aujourd'hui pour ne pas faire de copie. Je dis bien essayer parce que maintenant avec Facebook, Instagram…, et puis le fait de rencontrer des gens dans les conventions, c'est dur de ne pas regarder ce que font les autres. Donc forcément je dois avoir des influences mais le principe de ce genre de métier c'est de faire avancer le truc plutôt que de faire juste une pâle copie.

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Pour toi, c'est quoi le premier contact idéal avec un client ? 
Généralement, ça va être un e-mail. C'est là où je vais peut être briser le rêve de tant de personnes mais j'ai un mail type, que je renvoie aux gens, en leur expliquant que je suis booké jusqu'au tant et que s'ils ne sont pas désespérés par le temps d'attente, ils peuvent m'appeler. À partir de là, on arrive à se joindre et on discute par téléphone, simplement. J'ai du mal à entendre certains tatoueurs qui ont des managers qui répondent pour eux et de voir qu’ils ne rencontreront pas leur client avant le jour du tatouage. Je ne comprends pas trop. C'est un métier, à mon goût, où il faut aimer les gens. Si t'aime pas les gens, fais des peintures ! Ce que tu veux : des peintures, de la sculpture, de la photo, mais ne deviens pas tatoueur. C'est un échange, c'est un partage. C'est peut être bourré de plein de belles intentions très roses et de barbe à papa mais je le vois comme ça.
Après ce premier contact, j'ai une liste d'attente. Donc je note les personnes sur la liste d'attente, et de là je booke mon agenda, tous les deux-trois mois. J'ai vécu quelques années pendant lesquelles j'achetais un agenda sur un an et demi, et je le remplissais… Et des fois j'oubliais de me poser des vacances... ou les gens m'invitaient à aller bosser à l'étranger, ou même en France, et puis je ne pouvais pas y aller. Après une année où je n'ai quasiment pas eu de vacances, et je crois que ma santé mentale et corporelle était vraiment au plus bas, j'ai dit stop, je fais une liste d'attente, je remplis tous les deux-trois mois. Du coup, ça fait 5-6 ans maintenant que je profite de pouvoir aller à l'étranger et de prendre des vacances quand j'en ai besoin.

Pour finir de décourager complètement les gens, entre le moment où on t'envoie un mail et le tatouage il se passe combien de temps ?
Pour l'instant, on ne sait jamais comment ce sera l'année prochaine, il y a deux ou trois ans d'attente. Quand je remplis mon agenda, je rappelle les gens au fur et à mesure, et ça, c'est très marrant parce que j'ai l'impression d'être Jean-Pierre Foucault avec la cagnotte… C'est la valise RTL, t'as l'impression qu'ils ont noté tous les chiffres depuis dix ans, ils attendaient que Jean-Pierre les appelle ! C'est Noël et ça c'est trop cool en tant que simple humain d'avoir cette influence-là. « Putain, tu m'as fait ma journée ! Je saute de joie ! » C'est moi qui fais cet effet-là ? C'est trop chouette !
Et puis là on planifie les rendez-vous quand ça leur va. Il y a toujours un premier rendez-vous où on se rencontre, on va dessiner ensemble. C'est ce que j'appelle un rendez-vous de feutres, c'est à dire que je vais dessiner directement sur eux, on prend des photos de ça et puis le lendemain, ou quelques jours, voire quelques mois après, on se retrouve et on entame le tatouage, en faisant des modifications s'il y a besoin.

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Est-ce que ça t'intéresse de connaître la symbolique derrière un projet ?
Ah bah carrément ! (Il se tait.)

Pourquoi ?
Non ça y est, j'ai répondu. (Il rit.) Après, tout le monde ne cherche pas une symbolique, il y a quand même des gens qui sont là juste pour l'esthétique, même si en creusant un peu des fois t'arrives à trouver un truc mais je suis pas là pour être un psy de A à Z. Forcément, la psychologie rentre dans ce métier…
(Sa cliente de la journée arrive, embrassades et présentation à la ronde.)

On parlait donc de la symbolique derrière le tatouage ?
Oui, c'est assez important. En fait, il y a deux questions essentielles, qui peuvent répondre à ce qu'on disait juste avant, et que je pose à mes clients quand ils répondent à mes mails. C'est : « Pourquoi tu veux te faire tatouer ? » et surtout : « Qu'est-ce que tu veux raconter ? » Pour moi c'est élémentaire, il y a beaucoup de gens qui veulent se faire tatouer mais sans se poser ces questions-là alors que c'est vraiment la base. Ça permet de poser les idées par écrit… Je sais que c'est super chiant, par exemple, là, je suis content de parler à un téléphone - (il se penche vers la table ) bonjour téléphone ! - plutôt que quand les journalistes m'envoient des trucs par écrit, parce que je mets quatre mois à y répondre. Parler, je peux le faire pendant des jours… pas de moi spécialement, hein ? Mais écrire, c'est juste horrible. Comme quand on me demande, d'ailleurs je n'ai pas vraiment répondu tout à l'heure, « à quoi ressemble ton travail ? » Je ne sais pas, je ne sais pas du tout. Je fais des dessins (il rit).
Du coup, la symbolique, c'est très important, tu vas comprendre pourquoi la personne est là, et lui proposer des façons de répondre à son sujet par différentes façons.

Et en tant que tatoué, c'est important aussi la symbolique ?
En fait avec le temps, de moins en moins. C'est étonnant parce que pour mon premier tatouage j'ai eu la démarche que je déconseille aujourd'hui : j'avais pris des photos de mon dos, j'avais dessiné, j'avais fait des trucs… Oui, j'avais un tribal, ça c'est fait, qui a été recouvert depuis. Mais c'était un tribal qui était inspiré de la constellation du sagittaire… C'était horrible, complètement nul. Mais bon, la première démarche c'est la démarche d'un humain classique : tu vas dans ton dos, parce que tu vas pas trop le voir, et tu vas t'inspirer de ça, et faut que ça raconte ci…
Mon deuxième tatouage, c'est Yann Black qui me l'a fait, et là déjà il y avait une démarche différente car j'apprécie énormément son travail. Du coup je lui ai dit : « Il faut que ça parle de vent, de vagues et de fleurs. » C'était des choses qui me parlaient parce que je suis moitié Basque, moitié Catalan, parce que je suis entre l'océan Atlantique et la Méditerranée, que je suis dans un pays de vent, et que j'ai besoin d'avoir la mer pas très loin. Là tu vois, je commence à suffoquer parce qu'on est à Paris… Je pense qu'on peut aller plus loin et, d'une manière très freudienne, je pense que ma maman est très importante dans ma vie (il rit). Mais c'est vrai en plus, si on analyse un peu, il doit y avoir un de ça, et j'ai besoin de vagues, de mouvement...

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Tu aurais un souvenir d'une séance de tatouage pas comme les autres à nous raconter ?
J'en ai vraiment plein. J'ai des souvenirs tristes… pas tristes, non, mais d'une belle mélancolie. J'ai tatoué des gens qui avaient vécu des choses très dures et qui venaient les exorciser.
En l’occurrence, j'ai un souvenir de Cathy l'année dernière. Je l'ai rencontré quand elle sortait d'une double mastectomie parce qu'elle a eu un cancer des seins. C'est une femme qui était vraiment meurtrie et qui avait quand même ce sourire, ce sourire de joie... Je lui ai tatoué une branche de magnolia qui partait de la cuisse et qui englobait les seins et montait jusqu'à la clavicule. Du coup, on s'est vus deux-trois séances, et malgré toute la souffrance qu'elle avait déjà eu avant moi, elle a préféré passer par là plutôt que d'avoir des faux tétons. On est passé par des phases de rire, des phases de pleurs parce qu'elle avait mal, parce que son corps se transformait en même temps qu'elle se le réappropriait. C'est fou, elle est sortie de ce tatouage, elle m'a remercié dix mille fois, on s'est pris dans les bras… Je l'ai revue, elle est passée dans un magazine où elle a posé seins nus, elle s'est vue en photo et je pense qu'elle s'est vue belle, elle l'est, juste qu'elle ne le savait pas. Elle s'est métamorphosée, elle s'est réapproprié plein de choses et elle m'a recontacté il y a deux mois :« Bon en fait, on va faire une guerrière japonaise dans tout mon dos maintenant !» Ok meuf, allez c'est reparti ! Elle respire la vie, et ça c'est trop cool !
Voilà c'est un exemple, il y en a plein mais c'est le dernier qui m'ait marqué.

Est-ce qu'il y a un motif qu’on ne t’a jamais demandé mais que tu rêverais de faire ? 
J'aimerais bien une loutre. Ou une belette. (Il rit) Je pense que ça pourrait être cool. Pour déconner, j'ai déjà fait un dauphin mort qui flotte près d'un baril de pétrole… Et pour un pote qui m'avait fait de délicieux sushis, j'en avais dessiné un, avec le morceau de saumon qui tape le riz comme ça (il mime une fessée) mais le pote m'a dit « Bah, j'ose pas ! » alors j'ai fait un petit bol de riz fumant avec des tentacules qui sortaient.
En fait c'est plus des gens que j'aimerais tatouer. Pour la petite histoire, l'assistant de Patricia Kaas m'envoie un e-mail l'année dernière : « Bonjour je suis l'assistant de la célèbre et mondialement connue Patricia Kaas, elle rêve d'avoir un tatouage de vous, je vous laisse son numéro perso. » À partir du moment où j'ai lu « mondialement connue » et « célèbre » je me suis dit non (il secoue la tête). Déjà si tu veux vraiment, tu m'appelles ou tu m'écris toi-même, pas ton assistant. Je n'ai pas répondu. Dans la semaine qui a suivi, Aurélio m'a dit : « Oh, j'ai un email de Patricia Kaas ! » Il n'a pas répondu. Finalement quelques semaines après, c'est l'Oiseau qui a répondu et qui est allé tatouer Patricia Kaas. Du coup, je me suis demandé qui j'aimerais tatouer. Et j'ai envoyé un mail à Alain Chabat, que j'adore. Alain Chabat c'est la base, il y a les Monty Python et après il y a Alain Chabat. Donc j'ai écrit un petit mail avec pour titre « un tatouage pour Patricia Kaas » et expliquant toute l'histoire. C'est son assistante qui m'a répondu : « Envoie plutôt un courrier à telle adresse, parce que là sinon c'est moi qui vais recevoir » et j'ai jamais pris le temps encore de lui écrire.
Il y a plein de gens qui sont fabuleux, il faudrait que je fasse un petit listing et que je leur envoie : « Tu veux pas que je te tatoue juste parce que j'ai envie de te rencontrer ? Ça serait trop cool !» Là, je suis super ravi parce qu'il y a l'ingé son des Chinese Man qui m'a contacté et que je vais tatouer, ça me fait su-per plaisir.

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Par rapport au tatouage aujourd'hui, tu te situes où entre les très mécontents parce que ça s'embourgeoise et les très ravis parce que ça se démocratise ?
C'est vaste. C'est con comme réponse mais y'a du bon et du mauvais. Y'a pas de bon ou de mauvais tatoueur c'est avant tout une rencontre… Oui j'adore aussi Edouard Baer, qui illumine ma journée le matin sur Radio Nova. Bref, sans dire que je suis un vieux con, ça fait quatorze ans que je tatoue, j'ai « la chance » de faire partie de la génération qui a un peu bouleversé les codes.
Avant moi, il y a eu Bugs, qui est un tatoueur français reconnu par la vieille génération mais moins connu par les nouvelles. Je suis très fier, parce que c'est un Perpignanais, qui a fait les beaux arts à Perpignan tout comme moi, puis qui est parti après à Londres et qui est devenu une star mondiale du tattoo. À l'époque, ça date des années 90, début 2000, il travaillait déjà des choses très cubistes et, à mon goût, c'est le premier mec qui a mis le doigt sur quelque chose de différent : « Ok, on n'est pas obligé de faire du dragon ou de la tête de viking, on peut aller aussi explorer d'autres choses ! »
Ce mec-là a pu, je pense, influencer Yann Black, de près ou de loin, dans sa démarche : « Ok, on peut casser les codes, rien à branler, moi je vais faire mes petits dessins à la con avec mes petits personnages ! » Yann m'a bouleversé, comme il a bouleversé une bonne partie des tatoueurs à l'époque. On était parti pour faire du tattoo parce qu'on dessinait mais c'était pas notre monde. Moi, je sortais des beaux arts, j'avais fait du rough pendant des années parce que j'étais en design. J'ai toujours aimé le truc pas fini, l'esquisse, le mouvement... Encore une fois le côté hyper réaliste m’ennuie, c'est de la technique. Tu peux être un piètre dessinateur et faire des putains de portraits. Les gens ne le comprennent pas mais c'est de la technique, ça s’arrête là.
La preuve en est, je vais balancer, mais je ne comprends toujours pas comment les gens peuvent avoir un portrait avec un fond noir pas bien délimité et puis voilà. Tu fais du portrait, mais lie-le au corps ! Fais quelque que chose pour que par rapport au corps ça rende bien ! « Non ça y est, j'ai fait mon portrait, j'ai mis du noir autour. » T'aurais collé un autocollant, ça aurait été pareil ! Bref, pour revenir au sujet, je vais faire mon Jean-Pierre Coffe, je travaille en free hand et pas comme toutes ces petites tapettes qui travaillent avec des calques et des carbones. Bon, je ne suis pas gentil, mais quelque part je suis content parce qu'on n'est pas nombreux à travailler en free hand, donc ça nous met en valeur. Tu vois, c'est comme quand tu rentres en boite et que tu as des garçons devant toi : tu as des beaux gosses et tu as des moches. Ben s'il n'y avait pas les moches, tu verrais pas les beaux gosses, tout est relatif !
J'ai eu la démarche de me demander : « Qu'est-ce qu'un tatoueur ? » Un tatoueur c'est un mec qui sait dessiner, en l’occurrence sur le corps de quelqu'un. Si tu sais dessiner, t'as pas besoin de calque, comme un peintre n'a pas besoin de rétroprojecteur, à moins de faire un truc monumental de dix mètres de haut. Pas besoin de carbone, le corps c'est notre toile, sauf qu'on n'a pas de coin carré, c'est pas plat, t'as des muscles, t'as des courbes, des mouvements… Exploite-ça, joue avec ça !
Je suis parti loin, là, non ?

On parlait d'évolution dans le monde du tatouage...
Oui ! Ma génération a donc eu la chance d'explorer des choses qui n'avaient pas encore été faites.
J'ai ce souvenir, d'il y a pas mal d'années, 8, 9 ans peut être, c'était mon premier voyage à San Francisco. J'avais emporté mon book et dans une convention, je faisais le tour des stands. Sur ceux qui me plaisaient bien : « Bonjour, je suis un petit français, je fais ça !» et je montrais mon travail. À chaque stand, les mecs me regardaient et faisaient « Ouais, toi, toi t'es français, toi. » Au début je comprenais pas, mais en fait c'était les prémisses sur internet de la diffusion de ces tattoos qui venaient de ce coin de l'Europe. C'était les Belges avec la Boucherie Moderne, du côté français t'avais Léa, t'avais Yann, et je sais pas qui encore qui touchait du doigt des choses qu'on avait pas l'habitude de voir.
Je n'avais pas trop conscience d'en faire partie et quand La Veine Graphique m'a contacté, j'ai tellement été ravi. La Veine Graphique, c'est un bouquin, il y a deux volumes maintenant qui sont sortis, et je faisais parti du premier. Il y avait Le Nad, Jeff Palumbo, Peter Aurisch, ou encore Yann Black… On était une quinzaine, c'était ce nouveau mouvement. D'ailleurs un truc que je retrouve souvent dans mon travail, depuis des années, ce sont des gens qui ont une trentaine, une quarantaine d'années et qui arrivent en disant : « Alors j'ai pas de tatouage, j'aimais pas ça, mais depuis que j'ai vu ce que tu fais… whaoo, on est parti, fais-moi un bras ! » Ça me fait super plaisir et ça montre qu'il y a des gens qui attendaient qu'il se passe un truc comme ça. Forcément, on a vu que ça se démocratisait. Grâce aux punks, grâce aux skins, grâce aux bikers, le tatouage a perduré dans les années 80. Et puis avec les nouvelles générations, où peut être il y a plus de dessins, où les gens font plus de créas personnalisées, les gens ont suivi ce mouvement et se retrouvent là dedans.
Après, sont aussi là, et heureusement qu'ils sont là, ce que j'appelle, moi, « les photocopieuses » : tu rentres, tu choisis ton truc parmi des flashes et puis voila. Et les gens sont ravis ! « Il me l'a personnalisé, il a mis du bleu à la place du vert !» C'est encore le même principe que tout à l'heure, s'il n'y avait pas les moches, on verrait pas les jolies.
Ça s'est démocratisé, donc. Je peux tatouer un électricien comme je peux tatouer un commissaire, une infirmière... Là j'ai tatoué un chargé de mission de Manuel Valls, j'ai eu la chance de tatouer Daniel Darc, qui est décédé il y a quelques années, un présentateur de télé, plein de gens, comme tous les tatoueurs. Les gens ont moins peur, on se lâche de plus en plus. La France était très en retard par rapport à ça, comparé à l’Angleterre, à l’Espagne où les gens pouvaient avoir un bras complet. Par exemple, je me suis vu aller à Barcelone, rentrer dans un magasin, et voir le vendeur qui était blindé, blindé de tatouages. Je vais le voir, je lui dit : « Mais t'es tatoueur ? » Ben non. Ça date de 15-20 ans et ça, en France, c'était impossible. Il y a une dizaine d'années, je suis allé bosser à Montréal un mois et demi, deux mois, c'était la première fois de ma vie que je voyais des keufs les bras blindés et c'était trop cool. Sachez, messieurs les policiers, que normalement la loi a changé et que vous pouvez vous faire tatouer en dessous du coude maintenant ! Les gendarmes, non, mais les keufs, oui. Quand tu vois que ce genre de loi passe, tu te dis ouah, c'est cool, on a avancé !
Après, le côté bobo… Ben oui. On ne peut pas dire l'inverse. Il y a une correspondance étrange entre l'art moderne et le tattoo moderne, on a ce principe de cote. Je sais pas si c'est le bon mot mais certains tatoueurs ont pris de la cote. Moi, je ne fais pas exprès mais je suis booké sur deux-trois ans, et ça induit du désir chez certaines personnes « ouah, il est booké sur trois ans, ça donne envie ».

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On finit avec la question con : entre ton pseudo, ce que tu nous a dit à propos de ta maman, c'est quoi cette obsession avec le nombril ? C'est du nombrilisme ?
Pour être tout à fait honnête, tout a commencé… J'aimerais bien, en fait, inventer une nouvelle histoire à chaque fois mais je n'y arrive pas.
Si vous voulez vraiment l'histoire, à 18 ans, non, 19 ans, je me suis fait percer le nombril. Aujourd'hui, quand tu dis ça, tu passes pour une petite tapette mais à l'époque c'était toute une démarche. À Perpignan, tu ne pouvais pas te faire percer, il fallait monter à Montpellier. Bref, j'ai pris rendez-vous, je discute avec le mec, il me perce, il fait passer l'anneau… C'était un de ces anneaux qui se ferment avec une petite boule. Sauf qu'il fait tomber la boule dans mon nombril, il essaie de la récupérer, il n'y arrive pas et là, il me dit : « Ton nombril c'est la 4e dimension ! » et de là on explose de rire.
À l'époque, je jouais dans un groupe de garage surf, où d'ailleurs je jouais avec Sadhu. Du coup, j'ai écrit une chanson, enfin, j'envoie trois riffs autour du thème « my belly button is the twilight zone »… Et « belly button », j'aimais bien parce que ça faisait nom et prénom. En plus, je suis ultra fan de deux idéaux féminins, qui sont Diana Rigg dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir et Betty Page, ce sont vraiment deux femmes que je trouve tellement belles... et Belly Button me paraissait avoir un côté pin-up à la Betty Page. J'ai commencé à signer mes dessins comme ça, je ne tatouais pas encore et je me suis toujours dit que si je devenais tatoueur je garderais ce nom-là, parce que « Fabien Tattoo » non et « je-suis-trop-méchant-tatoueur » non plus, c'était pas moi. Et puis c'est rigolo en anglais : « Comment tu t'appelles ? » Et tu réponds : « Ventre. » Voilà !

Cool ! Merci pour tout.
J'ai une phrase culte sinon pour finir, ça t'intéresse ?

Allons-y, on t'écoute.
En plus, ça va expliquer plein de choses. Des fois, les gens me parlent, en tremblant ou en faisant des choses comme ça, ça me paraît très bizarre. Il m'est arrivé, même, d'avoir une meuf qui vient me voir en disant « c'est toi Belly button ? » Oui. « Je peux te toucher ? » Et en tant qu'homme, tu vois, une fois dans ma vie on m'aura dit ça. Et c'est pas donné à tout le monde, c'est un beau cadeau de la vie ! Et souvent à ces gens-là, j'ai tendance à leur dire que ce n'est que du tatouage. Faut se calmer, j'ai pas inventé un vaccin. Alors, j'aime une phrase de Tyler Durden dans Fight Club, qui dit : « Il ne suffit pas de se mettre une plume dans le cul pour ressembler à un coq. »


Un grand merci à Belly pour avoir gentiment consacré une matinée à répondre à nos questions.

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ImagePour rencontrer Belly Button...

Belly Button Tattoo Shop (sur R.D.V.)
15, rue Joseph Coma
66100 Perpignan
France
contact : bellybuttontattoo@gmail.com

Pour suivre son travail :
bellybuttontattooshop.com
instragram @bellybuttontattooshop

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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Destal » Mer 6 Sep 2017 12:46

Très intéressant, j'ai découvert Belly Button au début où j'ai commencé à m'intéresser au vrai tatouage, lui et Yann Black représentent le moment où je me suis dit : "hé mais c'est pas que du tribal le tatouage en fait". Ensuite bien sûr j'ai découvert toute la partie immergée qui compte des centaines d'artistes, mais Belly et Yann c'était ma porte d'entrée. Dommage que son mode de fonctionnement le rende à ce point inaccessible (je ne me vois pas planifier un RDV dans 3 ans).
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar mavhoc » Mer 6 Sep 2017 13:04

Merci beaucoup pour cette interview passionnante ! C'est vraiment méga cool de nous partager ça.
Son approche est vraiment intéressante et ses réflexions, qu'on soit d'accord ou non, ont le mérite d'être réellement creusée ! On n'est pas avec un gars superficiel.

Surtout que comme Destal, Belly Button fait parti des premiers tatoueurs que j'ai découvert quand je me suis intéressé au tatouage et il a participé triplement à cela. D'une part, ses oeuvres m'ont fait découvrir un style plus graphique que je méconnais du coup totalement. D'autre part, il a participé à cette idée que le tatouage pouvait être doux, et le tatoueur pas méchant. Que c'était pas un concours de bite où fallait douiller avec un tatoueur qui te cracherait dessus si tu étais trop douillet et que le tatouage avait pas besoin d'être un appel à une virilité retrouvé. Bref, il m'a réellement permis de prendre conscience d'un tatouage que je ne connaissais pas du tout, et qui finalement m'a justement donné envie de rentrer dans cet univers.
A titre plus personnel, c'est aussi LE tatoueur qu'une ex-copine voulait, et à force, on parlait très souvent de ses tatouages, il était devenu une espèce de graal pour nous, le symbole ultime :lol: C'est assez drôle, mais même après plusieurs années depuis notre séparation, je peux pas m'empêcher d'associer un peu les deux. Donc à titre personnel, j'adore Belly Button !
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Ysatis » Mer 6 Sep 2017 13:09

super interview, bien complète et très instructive. Merci! ;)
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar twinings » Mer 6 Sep 2017 13:12

Merci beaucoup pour cette super interview ! Belly a vraiment l'air d'être un chouette gars, ça doit être assez passionnant de pouvoir parler avec lui de tous ces sujets.
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar wonderfulnightmare » Mer 6 Sep 2017 13:31

Ha Belly, qu'es-ce que j'ai pu le faire chier à l'époque, où il était encore accessible :) (de mémoire fin 2007 début 2008 oh merde c'était il y a 10 ans :eek: )
Supers souvenirs avec lui, super gentil (trop) c'est grâce à lui que j'ai découvert le vrai tatouage.

J'adore toujours sa patte graphique :)
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Sibérie » Mer 6 Sep 2017 13:50

Yes enfin!!! Merci Squel :) :)

Du Belly quoi. Ca m'a rappelé les discussions que l'on a eues pendant quelques séances de tattoo. Mais je ne savais pas m'être fait encrer chez un proctologue :mrgreen: :mrgreen:

Bon faut que je finisse mon bras avec lui.
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Rhinoféros » Mer 6 Sep 2017 13:51

Merci pour ce super article Squelch ! :)

Belly, je l'ai découvert sur BW et j'ai tout de suite accroché ! Mais quand j'ai vu qu'il était booké pour 2-3 ans, ça m'a un peu découragée.
Cet article m'a permis d'en apprendre plus sur le personnage, et c'est un beau monsieur qui se cache derrière ces jolis dessins. Et là, je me dis que je pourrais le contacter et attendre patiemment que mon tour arrive; ça me laissera le temps de remplir mon bras entre temps ! Ce dont j'avais peur surtout c'est de devoir caler la date 3 ans à l'avance, mais puisqu'il ne programme que quelques mois à l'avance, c'est jouable !
Et au passage, il ne t'a pas dit comment il bookait les conventions/guests ?


PS : y'a une petite coquille ! T'as mis "les aux nouvelles générations" ! ;)
Et puis avec les aux nouvelles générations, où peut être il y a plus de dessins, où les gens font plus de créas personnalisées, les gens ont suivi ce mouvement et se retrouvent là dedans.
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Squelch Sasquatch » Mer 6 Sep 2017 13:58

Sibérie a écrit:Mais je ne savais pas m'être fait encrer chez un proctologue :mrgreen: :mrgreen:

Comme quoi on en apprend tous les jours !

Rhinoféros a écrit:Et au passage, il ne t'a pas dit comment il bookait les conventions/guests ?

Non, on n'en a pas parlé spécifiquement. Je peux essayer de transmettre la question en revanche.

Coquille corrigée, merci !
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar wonderfulnightmare » Mer 6 Sep 2017 15:14

Comme on est entre passionnés, je vous fait partager un inédit.
Vu qu'à ce moment là je passait souvent sous ses aiguilles, il a eu la gentillesse de dessiner le faire part de naissance de ma fille :)

Image
(clic pour tout avoir)
Les originaux ont malheureusement été détruits par mme...
Sheeva a écrit:Je kiffe ta galerie, je kiffe ta galerie, t’es beau, t’es beau :love:
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar mavhoc » Mer 6 Sep 2017 15:17

On note qu'à l'époque tu avais pas autant de tatouage, ou du moins pas en dessin :mrgreen:
Merci pour le partage c'est vraiment cool ^^
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar twinings » Mer 6 Sep 2017 15:43

Merci pour le partage wonderful, c'est vraiment chic de la part de Belly !
Par contre, je suis désolée pour la perte des originaux... :calin:
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar BubuShok » Mer 6 Sep 2017 15:56

Merci pour cette super interview :pink: Belly a l'air vraiment cool comme mec !
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Sibérie » Mer 6 Sep 2017 16:29

wonderfulnightmare a écrit:Comme on est entre passionnés, je vous fait partager un inédit.
Vu qu'à ce moment là je passait souvent sous ses aiguilles, il a eu la gentillesse de dessiner le faire part de naissance de ma fille :)


Il a fait de même pour la naissance de mon fils :)
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Lowee » Mer 6 Sep 2017 16:36

Merci pour l'interview de qualité !!
Le faire part est adorable ! :love:
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar twinings » Mer 6 Sep 2017 16:54

Oh c'est trop chou, Sibérie :love:
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Squelch Sasquatch » Mer 6 Sep 2017 17:04

Merci de partager vos faire-parts messieurs, ils sont adorables.
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Rouge » Mer 6 Sep 2017 17:43

Ooooh elle est très cool cette interview ! Elle m'a fait rire et presque émue à un moment. Ca doit être un être humain passionnant, et ces faire-part c'est tellement adorable !!!
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Rhinoféros » Mer 6 Sep 2017 18:13

Squelch Sasquatch a écrit:
Rhinoféros a écrit:Et au passage, il ne t'a pas dit comment il bookait les conventions/guests ?

Non, on n'en a pas parlé spécifiquement. Je peux essayer de transmettre la question en revanche.

Coquille corrigée, merci !


Éventuellement ça pourrait être intéressant oui :) (si c'est pas trop compliqué !
Et de rien ^^


C'est tellement chou ce qu'il a fait pour la naissance de vos enfants ! Petite préférence pour celui de Sibérie !
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°5 - Belly Button

Messagepar Sibérie » Mer 6 Sep 2017 18:57

Il a fait ce faire part au moment où il avait les pépins physiques dont il a parlé dans l'interview. C'est d'autant plus adorable de sa part.
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