La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Un article sur le tattoo, un bon bouquin à partager, un sujet de société… Viens échanger et te cultiver dans cette zone.

La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar jpa63 » Lun 29 Mai 2017 12:48

Suite à la sortie d'un texte dans le magazine La Croix (pas pu le lire car faut donner 1 euros...heureusement Ludo nous l'a mis accessible gratuitement)...bien pourri le texte...la réaction de Ludo face à celui-ci...à lire.
http://www.inkage.fr/breve/la-croix-et- ... e-audeguy/


Article dans La Croix (disponible gratuitement sur le site mais inutile de cliquer :D) :
Le tatouage de Monsieur, par Stéphane Audeguy
le 26/05/2017

Aux premières grandes chaleurs, les tenues de nos contemporains raccourcissent, découvrant, sur des milliers de kilomètres carrés d’épiderme, la nouveauté occidentale la plus dérisoire et la plus révélatrice de la culture de masse au XXIe siècle : le tatouage.

Ne pas rire, ne pas s’indigner, comprendre, conseille notre cher Spinoza. Soit. Dans le cas de cette manie, il est tout de même difficile de ne pas sourire, au moins : tant de professions de foi ineptes ou incongrûment placées, tant de dessins hideux, tant de fresques prodigieusement kitsch, tant de portraits manqués d’anonymes ou de célébrités… Il faudrait au moins conseiller aux impétrants de la Confrérie de l’aiguille encrée le merveilleux sketch de Francis Blanche et de Pierre Dac, auquel le titre de la présente chronique rend hommage : un authentique faux fakir venu d’Ind(r)e y évoque un tatouage représentant d’un côté la cueillette des olives en Basse-Provence, de l’autre un épisode de la prise de la smala d’Abdel Kader par les troupes du duc d’Aumale. Côté apophtegmes, même tableau. Qui donc a besoin de conserver à portée de vue, quand ce n’est pas dans son dos, le concentré de sa philosophie de l’existence, ou les dates de naissance et de décès de son pépé regretté ?

Plus sérieusement : nous parlons, selon des études récentes, de 20 % de la population des États-Unis ; de 15 % de celle de la France. L’extraordinaire variété des démarches qui poussent nos semblables à se tatouer est frappante : cela va de la recherche d’une certaine esthétique (sourcil tatoué, dauphin à la cheville) à des sens plus ou moins métaphysiques (érotique, religieux, politique, familial), en passant par des modes forcément éphémères (sauf pour les tatoués !) ; signalons une récente tendance franchement non figurative chez certains jeunes gens distingués (zones monochromes rectangulaires ou carrées sur le mollet ou l’épaule, traits noirs et absolument rectilignes à l’intérieur de l’avant-bras).

La pratique du tatouage est une sorte d’oxymoron. Si elle entend singulariser son propriétaire, elle le signale en fait comme appartenant à un collectif (celui des admirateurs de Céline Dion, ou des zélateurs de Harley Davidson). Elle relève d’une extimité, pour employer un néologisme à la mode : l’intériorité de l’individu s’exprime à la surface de son corps. Étrange attribut tribal du sujet ! On se donne un corps infiniment blasonnant (lancer certains tatoués sur la question de leur programme de tatouages, c’est attirer des réponses étonnamment longues et circonstanciées). Le discours du tatoué à l’égard de ses tatouages va rarement sans ambivalence : c’est un exhibitionniste pudique ; combien de fois me suis-je fait rembarrer par des tatoués fort agacés que j’ose leur demander ce que signifiait, pour eux, telle formule latine, tel dessin aborigène, telle fleur multicolore, alors même qu’ils me les mettaient sous le nez !

Tout cela procède – car il faut penser à la douleur de l’opération elle-même ! – d’une extraordinaire violence dirigée contre son propre corps, que l’on marque à vie. Par sa capacité à absorber avec une apparente indifférence tout et n’importe quoi (idéogrammes chinois, imagerie religieuse, iconographie sportive, que sais-je), à la vider de tout contenu tout en s’en réclamant, le tatouage aujourd’hui est le parfait symptôme de la plasticité d’une société marchande qui a tout intérêt à ce que chacun d’entre nous se totémise ainsi (quel meilleur consommateur que celui qui veut absolument être lui-même, de toutes les façons possibles ?).

On n’en finit pas, en une demi-page, d’un sujet aussi complexe. Car le tatouage est aussi – et par là j’entre en sympathie avec lui – une tentative d’expression personnelle ; et, peut-être, le succédané d’une œuvre chez des êtres qui n’écrivent ni ne peignent, sinon sous cette forme. Et, dans un monde où tout est censé glisser, s’effacer, comme à la surface d’un écran, ce goût de l’indélébile, si débiles soient les formes par lesquelles il s’exprime, m’apparaît soudain comme une sorte de protestation contre l’insignifiance. Car le tatouage est encore et toujours un geste transgressif, qui peut être assez terrible : je me souviens avoir vu récemment, dans une ville de Bretagne ravagée par l’alcoolisme et le chômage, deux individus farouches au visage entièrement couvert de tatouages disparaître dans un immeuble visiblement squatté. Cette façon de détruire cet élément capital de la sociabilité qu’est le visage me glaça, je l’avoue. Et quant à ceux qui s’imaginent s’encanailler un peu en se tatouant, savent-ils que certains esclaves romains portaient un tatouage au front ? De quoi nos tatoués sont-ils esclaves, sinon de l’injonction d’être soi, qui est bien la pire des servitudes volontaires ?

Stéphane Audeguy




Article dans Inkage :
LA CROIX ET LA BANNIÈRE. RÉPONSE À STÉPHANE AUDEGUY
Ludo-Ondori 29 mai 2017


Cher Stéphane,

Internet est un lieu merveilleux. Voilà qu’on porte à mon attention un texte que vous avez commis dans un journal Catholique (fort loin de mon terrain de chasse littéraire) et baptisé d’après le symbole même de la souffrance : La Croix. On sent bien, d’ailleurs, que vous avez un problème. On le décèle dans les premiers mots de votre… article ? Texte ? Avis? Caprice? Un texte tout en condescendance et en leçons de morale. Mais moi je suis bête et je n’ai pas bien compris. C’est qu’en général quand on donne une leçon, on étaye de faits, d’exemples et de références. Sinon c’est un monologue de pilier de comptoir que plus personne n’écoute, même pas le Patron. On peut le dire avec tout le vocabulaire du XIXème siècle qu’on veut, cela reste inintéressant. Bref, comme toujours quand on exprime son opinion de façon publique, on s’expose à être lu par d’autres, et potentiellement par ceux-là mêmes qu’on décrit et qu’on décrie. Je ne vous connais pas, j’ai seulement entendu que vous étiez un écrivain « récompensé », je n’ai rien cherché sur vous car tout ce que j’ai à vous dire concerne ce texte aigri et râleur contre nous.

En tout cas avant de lire ma réponse, certains lecteurs seront peut-être intéressés par la lecture de votre texte, sans pour autant donner son clic à La Croix, ou son euro au tronc, alors par souci de distribution de Savoir aux pauvres, je le mets à disposition ici :

Le texte original

C’est à mon tour donc, d’avoir l’incroyable arrogance de considérer mon avis comme suffisamment intéressant pour être publié…

combien de fois me suis-je fait rembarrer par des tatoués fort agacés que j’ose leur demander ce que signifiait, pour eux, telle formule latine, tel dessin aborigène, telle fleur multicolore, alors même qu’ils me les mettaient sous le nez !

Bonne question ! Combien de fois ? Cela semble une myriade, et je suis sincèrement désolé que vous n’ayez reçu que des réponses agressives en paiement de votre bravoure à venir vous frotter à cette fange de la société occidentale. Sans doute est-ce là un trait commun des tatoués ? Agressifs et agacés ? Ou bien vos questions étaient mal posées ? Il faut dire que si elles étaient présentées sur le ton de votre papier, je dois admettre que je comprends l’agacement. Car voyez-vous, on en reçoit fréquemment, des jugements comme le vôtre. Vous êtes prompts à juger, mais lents à comprendre. Tout le monde n’a pas la patience de vous expliquer. Moi si.

Moi, je m’appelle Ludovic. J’ai été élevé à coups de catéchisme, et pourtant le greffon Catholique n’a pas pris sur moi. Je n’aime pas beaucoup les partis politiques, et celui de Jésus pas plus que les autres. J’ai une foi cependant, et de ces années à la cure, j’ai gardé quelques valeurs, probablement. La tolérance, le pardon, l’humilité (ah non au temps pour moi, je tiens cette dernière de mon pays d’adoption et du shintoïsme…) et c’est une bonne nouvelle car en vérité je vous le dis, je vais les utiliser pour vous éduquer un peu. Oh ne vous inquiétez pas, pas à la schlague! Je ne vais pas non plus vous faire porter le cilice, car dans la vie, je suis un vrai professeur moderne. J’ai l’habitude d’expliquer simplement pour que les esprits de toutes profondeurs comprennent, y compris ceux comme le mien qui restent volontiers dans le « petit bain ». Je peux même occasionnellement utiliser quelques mots complexes pour vous mettre à l’aise si vous le désirez.

Cher Stéphane, je ne suis pas venu vous dire que vous avez tort. Je suis venu vous dire que vous êtes malhonnête, ce qui est bien plus grave. Alors on va reprendre, parce que Spinoza ne serait pas fier de vous.

Vous utilisez beaucoup d’adjectifs pour qualifier nos tatouages. « professions de foi ineptes » (ça veut dire stupide, je le dis pour les autres), « incongrûment placées » (j’imagine que vous voulez dire ici accessibles à votre regard chaste, je serais étonné que vous fassiez allusion à la question du placement qui fait partie des problématiques propres au tatouage, et le rendent unique face à beaucoup d’autres formes d’art…), « dessins hideux », (Mikael de Poissy appréciera, lui qui utilise fréquemment l’iconographie catholique), j’entends d’ailleurs dans ce « hideux » toute la mesure de votre connaissance du Beau… Bref, une belle liste qui illustre bien votre propos : les tatoués sont des êtres à prendre en pitié et bien bas de plafond. Sachez tout de même que les « impétrants de la Confrérie de l’aiguille encrée » connaissent Francis Blanche et Pierre Dac, qui riraient bien de votre esprit réac, soit dit en passant.

Alors oui, Stéphane. Oui. Ces gens existent! Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font! (oups désolé vous comprendrez mieux en latin? « dimitte illis non enim sciunt quid faciunt »). Le problème c’est qu’on ne juge pas d’une pratique (pour vous ménager je n’utilise pas « Art ») millénaire par le seul exemple d’une fraction de ses adeptes. Je vous fais la politesse de ne pas vous associer, sur la simple information que vous êtes Catholique, au Ku Klux Klan, aux Croisés, ou à CIVITAS (si si, sur le même plan), j’apprécierais donc que votre bel intellect se pare d’honnêteté. C’est pourtant simple, il suffit d’expliquer en deux ou trois phrases que c’est là une conséquence malheureuse de la rencontre de plusieurs facteurs, et que c’est cette utilisation du tatouage qui définit le crime de stupidité qui vous agace, et non le tatouage lui-même. Faire l’économie de cette discrimination vous fait passer d’esprit critique respecté à vieux daron réac. Il s’en est fallu de peu.

Qui donc a besoin de conserver à portée de vue, quand ce n’est pas dans son dos, le concentré de sa philosophie de l’existence, ou les dates de naissance et de décès de son pépé regretté ?

Moi. Je n’en ai peut-être pas « besoin », mais au moins j’en ai « envie ». Notez bien que d’autres gardent des reliques dans des boites dorées, s’accrochent à des petits symboles, jusqu’à en faire des titres de journaux, chacun ses petits sanctuaires. Et puis ironiser sur la mort de pépé, c’est nul. Si vous avez envie Stéphane, vous pouvez lire quelques lignes qui traitent de la question du tatouage de deuil, c’est sans prétention, mais c’est une vraie tentative de réflexion, et ça laisse pépé tranquille. Et honnêtement, je ne vois pas bien en quoi cela vous dérange, vous, que je porte dans ma peau le nom de mon épouse décédée à 27 ans par exemple. C’est quoi exactement le problème? Vous ne l’expliquez pas.

Puis viennent les chiffres dans votre diatribe. Et là tout s’éclaire : ce qui vous rend ronchon c’est le nombre. La « masse », mot qui sonnait déjà comme une insulte dans votre phrase d’introduction « la nouveauté occidentale (…) la plus révélatrice de la culture de masse au XXIe siècle : le tatouage » (biiiip FAUX, hé noooon Stéphane! Il y avait un piège! la nouveauté c’est sa popularité, pas de point pour Stéphane! On l’applaudit quand même!).

S’en suit une liste plus ou moins exhaustive et donc étriquée de votre vision du monde du tatouage, éléments décousus jetés sur le sol comme preuve de votre grande connaissance du sujet, absolument unique élément censé apporter du crédit à vos mots. Car je le rappelle, vous avez pris la parole publiquement. Du coup il faut bien justifier de votre connaissance (on a donc bien compris que vous avez souvent parlé à des tatoués, vous avez entendu parler d’une ou deux tendances actuelles, emballé c’est pesé, ça doit suffire pour donner mon avis). Bein non. Parler à ses ouailles, ça se fait du haut d’une chaire. Sur le net, il faut un peu plus car les connaisseurs vous entendent aussi. Du coup, j’insiste, à défaut de connaissances, on injecte un peu d’humilité et de pondération, ça évite de passer pour un zouave.

On en revient à votre agacement qu’on vous mette notre intériorité sous le nez. Visiblement ça va pas ça. La nature ambivalente du tatouage, cet exhibitionnisme pudique… Je comprends. (merde encore un problème complexe sur lequel il faut réfléchir? Non je préfère dire que c’est débile, en plus ça rime avec « indélébile », je suis un génie!). Dans un esprit étriqué par la perpétuelle opposition binaire Bien et Mal, il est très compliqué d’admettre les nuances. Vous devriez vous mettre au Taoisme le temps d’un weekend, pour voir le monde comme une respiration, ça aide à accepter beaucoup de choses qu’on ne comprend pas quand on a votre capacité d’analyse. J’ai cru, en vous lisant, entendre à nouveau un paternel agacé dire que ça l’énerve de voir les bras tatoués dans le tram, que franchement on n’a pas à lui imposer ça au regard. Le genre de commentateur compréhensible mais qui se retrouve vite un peu penaud quand on lui demande s’il se pose ce genre de question au moment de choisir sa chemise le matin. Il faut qu’elle plaise à tout le monde sans ça un homme dans le tram pourrait être indisposé par la vue des carreaux. Ou alors, on pourrait considérer que cette gêne est à la charge du gêné et qu’un détournement de regard suffit à régler le problème? Tant qu’on ne vous oblige pas à passer sous le dermo, qu’est-ce que ça peut bien vous faire d’apercevoir un bout d’encre? Même si c’est un gros bout… On n’emmerde pas (quand on est saint d’esprit) les Juifs pour leur kippa, les Catho pour leur raie sur le côté, ou les Roux pour leurs éphélides! La liberté des tatoués s’exprime, j’en suis navré, comme celle des autres, et hormis le cas où cela violerait une règle précise d’un lieu particulier, vous n’avez rien à dire.

Que vous trouviez ça moche, je l’entends. Moi même j’ai bien des heures sombres à contempler les différents accoutrements sur les parvis des Eglises le dimanche midi. Vous savez, l’ensemble qui fait que vous êtes a priori « compatibles » à ce groupe. Et pourtant, je ne prends pas le temps de cracher sur les croyants du monde entier dans un papier qui ne fait honneur à aucune récompense.

Je vais passer rapidement sur la mention faite à la douleur infligée à son propre petit corps donné en cadeau par le Très Haut, parce que je n’arrive toujours pas à voir en quoi cet argument dérange des gens qui ont la flagellation en amour, embrassent les pieds d’un gars qui a « souffert pour nous » etc… L’histoire de votre confrérie à vous est drôlement plus embourbée dans la glorification de la douleur que la nôtre. Nous c’est un mal nécessaire, vous c’est un mal adoré. Et puis, là encore, on peut réfléchir à cette question de la douleur, c’est plus compliqué que de la montrer du doigt, mais honnêtement, c’est plus intéressant.

J’aime la douleur du tatouage. Je l’aime parce qu’elle s’arrête, et je l’aime parce qu’elle est unique.
« Ça fait mal comment?
– Comme un tatouage… »
On parle souvent de griffures de chat… d’un chat bien furax bien longtemps à mon avis… mais c’est pas ça pour moi. Cette douleur se définit par son rythme, sa variété d’amplitudes, et son bruit. Elle se définit par le temps de réflexion qu’elle nous donne, parce qu’on cherche à la combattre, alors on s’évade, on essaye de « méditer », ou au moins de se concentrer sur sa respiration, comme on essaye de s’endormir dans son lit quand on n’a pas sommeil. Cette douleur est le tic-tac de l’horloge de chez ma grand mère, quand j’attendais qu’on puisse sortir jouer, ou que mes parents reviennent me chercher… un truc pénible qui annonce un truc vraiment satisfaisant. C’est une étape vers une amélioration de son être. Que vous voyiez cette amélioration comme une abomination n’engage que votre système de croyances, très contestable.

On n’en finit pas, en une demi-page, d’un sujet aussi complexe. Car le tatouage est aussi – et par là j’entre en sympathie avec lui – une tentative d’expression personnelle ; et, peut-être, le succédané d’une œuvre chez des êtres qui n’écrivent ni ne peignent, sinon sous cette forme. Et, dans un monde où tout est censé glisser, s’effacer, comme à la surface d’un écran, ce goût de l’indélébile, si débiles soient les formes par lesquelles il s’exprime, m’apparaît soudain comme une sorte de protestation contre l’insignifiance.

Mais quel talent! Merci de cette sympathie pleine de miséricorde. Je suis heureux qu’il vous soit apparu un élément positif au petit matin, alors que vous sortiez probablement de votre cuite, ivre de trop d’incompréhension de votre sujet, que vous vouliez absolument soumettre à une audience qui allait, c’est certain, être d’accord… Dommage que votre conclusion parte dans tous les sens… Les farouches alcooliques Bretons chômeurs tatoués du visage qui se faufilent dans les maisons abandonnées… les esclaves romains tatoués sur le front qui prouvent bien que les tatoués d’aujourd’hui sont les esclaves de quelque chose… Sophisme ou paralogisme, je vais vous laisser le bénéfice du doute, mais je penche plutôt pour une fainéantise intellectuelle.

Cher Stéphane, je suis déçu. Je pense que vous avez raison. Je pense que la consommation actuelle du tatouage dans les sociétés occidentale est dangereuse. Je pense que bien des gens se font tatouer pour de « mauvaises » raisons, c’est à dire des raisons qui ne leur sont pas propres. Des raisons qu’on leur a imposées. Peut-être suis-je moi même de ceux là, honnêtement, c’est difficile à dire. Ce que je sais, et ce que je respecte énormément, c’est que quelle que soit la raison qui a poussé quelqu’un à se tatouer, quel que soit son niveau de compréhension au moment de cette décision, il va devoir vivre avec. Il va devoir l’assumer, et il en tirera une leçon bien plus efficace que de se faire traiter d’imbécile par un homme qui n’a pas pris une minute de son temps pour l’écouter.

Cher Stéphane, je suis heureux. Je pense que vous avez tort. Le tatouage est passionnant. Son histoire, ses implications, ses enjeux philosophiques, esthétiques, sociétaux, sont aussi intéressants que ceux de votre domaine religieux. Que vous ne vous y intéressiez pas n’est pas un problème. Mais alors, par pitié, foutez-nous la paix du Christ, ou n’utilisez pas un des aspects qui vous rebute (le consumérisme aveugle? La culture de masse qui n’est plus celle du temps de l’Inquisition? L’expression artistique moins délicate que celle applaudie aujourd’hui et pourtant huée hier au Salon des Refusés? Finalement on n’a pas bien compris…) pour jeter l’opprobre sur toute une culture, toute une communauté, pour le seul bénéfice de satisfaire vos quelques lecteurs déjà d’accord avec vous. Expliquez-leur, relativisez. Soyez Bon.

lancer certains tatoués sur la question de leur programme de tatouages, c’est attirer des réponses étonnamment longues et circonstanciées

Votre article était mauvais. Indépendamment de votre avis qui, lui, n’engage que vous. Je n’ai même pas apprécié être en désaccord avec vous. Mais je n’aime pas les procès injustes, et en tant que tatoué impliqué, à sa petite mesure, dans la vie de la communauté, j’ai ressenti le besoin de prendre le temps d’une longue réponse circonstanciée, en bon tatoué que je suis. J’ai eu envie, l’espace d’un instant, d’être la bannière de mes amis, ceux qui, comme vous, sont agacés par les dérives du tatouage couplé au marketing. Ceux qui, comme vous, ne comprennent pas certaines pratiques ou nouvelles habitudes et s’en inquiètent. Ceux qui, contrairement à vous, j’imagine, mettent leur énergie dans l’éducation plus que dans le prêche. Il n’est pas interdit de penser non plus que développer une pensée longuement est un bon moyen de ne pas avoir les idées courtes.

Enfin soyez rassuré : nous autres tatoués ne jugeons nos contemporains que sur leurs idées et compétences. Pas sur l’encre qu’ils mettent ou non dans leur épiderme. Celle de leurs publications en revanche…

Ludo.
Modifié en dernier par Krän le Mar 30 Mai 2017 19:21, modifié 2 fois.
Raison: Ajout des articles. ;)
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Coin-coin le Canapin » Lun 29 Mai 2017 13:40

La réponse de Ludo est plutôt bien.

Je n'ai pas eu de problème pour lire le texte de de Stéphane Audeguy sur son site d'origine.
L'article n'est pas intéressant. C'est un type qui parle de ce qu'il ne connaît pas et donne un avis expéditif en utilisant des mots compliqués ou savants (en pensant que ça le légitimise ?).
Ça ressemble terriblement à ça : http://www.dailymotion.com/video/xfpro7 ... videogames
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Julie3764 » Lun 29 Mai 2017 14:23

La réponse de Ludo m'a bien fait rire :mrgreen:
J'aimerais avoir sa répartie et son habilité avec les mots.
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Destal » Lun 29 Mai 2017 16:11

Je suis plutôt d'accord avec l'article original :bgeek:
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Ysatis » Lun 29 Mai 2017 16:37

Quelle verve! Excellente réponse en tout cas. ;)
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Rouge » Lun 29 Mai 2017 18:18

Destal le vieux troll. :lol: :lol: :lol:
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Destal » Lun 29 Mai 2017 18:48

J'ai pas dit "totalement d'accord", disons qu'il connait uniquement l'aspect le plus visible et à la mode du tatouage. Alors on va me dire qu'il fait une généralité, certes, mais il généralise à partir d'une majorité, et non d'une minorité. Mais j'ai pas trop envie d'en discuter alors je pose ça là :bgeek:
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Ysatis » Lun 29 Mai 2017 20:02

Si tu lis bien la réponse, c'est ce qui est critiqué aussi. ;)
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Rouge » Lun 29 Mai 2017 20:23

Destal a écrit:Mais j'ai pas trop envie d'en discuter alors je pose ça là


Ca me laissera toujours rêveuse, les gens qui "ne veulent pas en discuter" mais balancent quand même leur avis sur internet. :D
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar NeoMedusa » Mar 30 Mai 2017 07:11

L'article original est un ramassis de poncifs ringards, de banalités, de jugements à l'emporte-pièce.
A lire ce papier, la première réaction qui m'est venue à l'esprit était : "T'en es encore là, mon frère ?"
Une mention spéciale pour les méchants punkach' avec leur A cerclé tatoué sur le front, leur larme sous l’œil et qui se cachent dans ces squats volés aux gentils gens.
En fait, on y retrouve en condensé toute la liturgie catho du corps édénique, vieille comme les interprétations de l'Ancien Testament : le corps d'avant la Chute est à l'image de Dieu. Il est un don, pur, vierge. Le marquer, c'est le souiller, le travestir, le pervertir et donc perdre un peu plus le lien avec la transcendance.
Et je passe sur toute la mythologie de la souffrance choisie/imposée à laquelle répond très bien l'auteur du droit de réponse.
Bref, rien de nouveau sous le soleil du Tout Puissant.
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Re: La Croix...et le tattoo avec réponse et texte initial

Messagepar Coin-coin le Canapin » Mer 31 Mai 2017 14:37

De ludo : " il en tirera une leçon bien plus efficace que de se faire traiter d’imbécile par un homme qui n’a pas pris une minute de son temps pour l’écouter."
Mais il a essayé de les écouter :
" combien de fois me suis-je fait rembarrer par des tatoués fort agacés que j’ose leur demander ce que signifiait, pour eux, telle formule latine, tel dessin aborigène, telle fleur multicolore" :mrgreen:

En dehors de ça, dans la réponse,
Je pense que la consommation actuelle du tatouage dans les sociétés occidentale est dangereuse.
J'aurais bien aimé qu'il développe ça rapidement.
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